Démarrer 2026
En 2026, j’aimerais bien reprendre un peu les articles par ici, non ?
Je me disais que j’écrirais quand j’aurais quelque choses à partager, mais je ne le faisais jamais alors qu’il s’en est passé des choses depuis tout ce temps !
J’ai terminé l’année 2025 avec une cuisson (littéralement, on fermait la porte du four après y avoir mis les dernières bûches et on trinquait à la nouvelle année). Et 2026, finalement, démarre aussi par une cuisson.
Le four
Le weekend dernier, nous nous sommes retrouvés avec 6 collègues pour cuire le four d’ Angelo que nous avions aidé à construire l’année dernière.
Il s’agit d’un four à bois type Phoenix, c’est à dire un four à flamme renversée. Les espaces se superposent : l’alandier sur tout le bas, le laboratoire où sont les pièces au dessus et la cheminée au dessus de l’entrée de l’alandier.
On avait passé quelques jours à aider à sa construction en février 2025 et le temps de terminer les derniers étages de briques, la cheminée, laisser sécher… et venir (ma voiture est tombée en panne lors de la première cuisson), nous voilà un an plus tard pour la deuxième cuisson de ce four.
Un weekend de cuisson
Nous étions 6 avec des productions extrêmement différentes. De mon côté j’avais pris pas mal de grosses pièces, dont quelques formats de test : des pots de plante, des vases, une casserole, des gaïwans…
Ce n’est pas un type de four qui permet d’avoir des effets de flammes très marqués sur les poteries donc j’avais prévu de pas mal émailler mes pots !
Samedi : on émaille, on enfourne, petit bassinage.
Dimanche : on cuit.
Lundi : ça refroidit.
Mardi : on défourne !
La cuisson a duré environ 10h : de 8h à 18h30 à peu près.
La cuisson
La conduite de cuisson était la plus fluide que j’ai eu à voir ! Peu importe le rythme des cuiseureuses, le four s’adapte. On y met des bûches et le four brûle tout cela, la température monte; on pouvait aussi aller assez vite dans la courbe de cuisson.
L’idée était quand même de monter à 1300°c au maximum, et pour cela on a brûlé environ 2 stères de bois.
L’attente
Le plus long, c’est l’attente. On enfourne en ne sachant pas ce qui arrivera aux pièces, en ayant aucune idée de comment elles ressortiront. A peine installées dans le four qu’on a déjà envie de les voir cuites, de voir comment le feu les aura transformées.
D’habitude, en four Anagama, je n’émaille pas mes pièces : les flammes et les braises qui traversent tout le laboratoire où sont installées les céramiques créeront un décor unique qui se suffira à lui-même. Pour moi, on y verra comment le four s’est comporté, et je vois la part du feu comme une collaboration avec les Dieux du Feu.
Dans ce type de four, il y a beaucoup moins d’effets de braises, de flammes, de cendres — même si on a eu quelques beaux dépôts de cendres qui ont fait rougir quelques pièces ! C’est pour ça que j’ai décidé d’émailler quasi toutes les poteries que j’avais ramenées avec moi de Lorient.
L’attente avant le défournement d’un four à bois est vraiment un moment particulier. Il faut absolument résister à l’envie de retirer quelques briques pour jeter un oeil : un courant d’air froid peut casser les pièces, réduisant à néant tous les efforts.
On imagine le pire, mais on souhaite le meilleur. On ne sait pas à quoi s’attendre, et on n’espère rien, mais on a quand même hâte. On y pense quasi toutes les heures, jusqu’à ce qu’arrive ce fameux moment du défournement.
Ce four à bois n’a pas eu besoin de trop de temps pour redescendre en température : deux nuits et une journée ont suffit pour qu’on puisse ouvrir le four et découvrir nos pièces.
Après une cuisson bois, le défournement
On a enfin sorti toutes les pièces du four !
Beaucoup de tests réalisés par Angelo pour voir comment ressortent ses émaux; de l’observation pour comprendre comment la chaleur s’est répartie et où; et cette fois-ci, pas de casse (il me semble ??) !
On découvre toutes les céramiques, comment les émaux ont travaillé, quelles pièces ont quelques cendres déposées… Les pièces sont posées sur une table et on peut voir en un clin d’œil tout le travail accompli.
Je crois que chaque défournement d’une cuisson de four à bois me demande du temps de digestion, le temps d’apprécier, de voir vraiment ce qui a un intérêt à mes yeux, ce que j’aimerais modifier.
Les céramiques défilent, je les vois, mais je ne suis que rarement immédiatement enthousiasmée par mes pièces. Il me faudra quelques temps et un nouveau regard pour mieux apprécier ce qui est sorti.
D’ici quelques temps, on fera sûrement une vente des pièces réalisées en cuisson bois. Ca sera une vente physique, sur Paris : les précision arriveront plus tard !
En attendant : j’espère que ces formats plus spontanés me permettront de partager les actualités de l’atelier de manière plus tranquille et plus complètes aussi ! Je partagerais les résultats des dernières cuissons au bois dans un prochain article de blog 😉
Les collègues de la cuisson
Pour cette cuisson, j’étais accompagnée de :
Si vous souhaitez apprendre à construire un four à bois et à cuire dans un four à bois, n’hésitez pas à contacter Angelo car c’est chez lui que tout se passe !


